Les Petites Histoires de Niassam

Pendant un an, voici les nouvelles que recevaient les amis depuis ce cette terre lointaine : une foule de petites anecdotes sur la vie du chantier, sur les rites africains, sur les problèmes avec l'administration... C'est comme partager  une partie de leur aventure.

 

La Cérémonie

Une Journée d'Exception

Et le chantier ?

La Venue du Ministre

La Tabaski

Une journée de vacance

 

 

La cérémonie

 Nous nous retrouvons maintenant de nouveau tous réunis sous l’arbre sacré, la vielle femme ramasse des herbes sèches et des branches de l’arbre sacré pour faire des gris-gris, il y en a un pour mettre sous notre lit, un pour enterrer dans l’entrée de l’hôtel et un pour chaque voiture !

Nous voilà donc protégés…Elle termine avec quelque prière et nous reprenons le chemin du retour impressionné par ce que nous venons de vivre…

 En retournant à la voiture la vielle femme nous explique que nous avons de la chance, car normalement elle était chez son fils, mais le village l’a rappelé car il voulait faire une cérémonie,  plusieurs puits sont déjà à sec dans le village, et normalement, il n’y aura pas de pluie avant juillet et ce ne sont pas les quelques gouttes symboliques qui sont tombées ce matin qui vont changées quelque chose... Cette cérémonie doit se faire dans deux jours…

 La force des esprits ?

 De retour au campement, nous racontons autour du repas notre expérience, puis le quotidien du chantier reprend le dessus normalement, enfin presque normalement car contre toutes attentes, la pluie s’intensifie…

 Le soir nous nous réfugions sous la grande tente Mauritanienne ou nous sommes à l’abris pour le moment !

La situation nous amuse et nous sommes persuadés qu’il fera beau demain, nous allons nous coucher, bercé de cette illusion !

Le lendemain, c’est la cata… il a plu toute la nuit, il y a beaucoup de vent et chacun fait le point de ce qu’il a pu garder au sec…

Il y a des gouttières dans la grande tente, les petites tentes sont bien humides et la cabane de Valérie envolée…

Bref, nous n’avons pas d’autres choix que de nous réfugier chez Guy qui a un grand restaurant bien au sec. La journée se passe en partie de cartes ou lecture, dans l’après midi nous sommes repassés au campement pour voir si les bâches qui protégeaient le ciment ne s’étaient pas envolées et là mauvaise surprise, la case en terre qui venait juste d’être terminée s’était écroulé…et oui, elle n’était pas sèche du tout et l’argile avait été grignoté par la pluie…  Dur…dur…

 Le soir pas d’améliorations, nous passons la soirée au campement villageois et nous rentrons nous coucher finalement plus fatigué qu’après une journée de travaille.

Chacun s’était trouvé un petit coin à peu près sec, dans l’atelier, dans la tente à Maxim ou dans la cabane de Samuel et nous voilà repartie pour une deuxième nuit humide.

Le lendemain matin, le soleil n’était pas encore revenu, mais nous avons finalement décidé de rester là. Nous avons étayé la tente Mauritanienne pour limiter les gouttières et autour de la table nous avions un périmètre au sec.

Une mention spéciale pour Jean et Jeannette qui pour la circonstance ont fait preuve de beaucoup de philosophie, alors que la situation n’était vraiment pas confortable…

Samuel le maçon avait le moral à zéro, il y avait de quoi et pour les autres ce n’était pas terrible non plus… alors j’ai mis en application un plan de sauvetage adapté aux conditions extrêmes : « les crêpes flambés au rhum ! »

Cela nous a pris la matinée et non seulement, nous nous sommes régalés, mais en plus avec la chaleur au dessus des fourneaux, nous avons réussit à faire sécher une partie de la tente…

 Enfin dans l’après midi le ciel s’est éclairci, nous avons eu alors la visite des ouvriers venus aux nouvelles…Ils nous l’on tous confirmé, c’est la première fois qu’il pleut en Janvier

 Ces trois jours de mauvais temps on été un peu long, même si nous étions bien content pour les Africains qui ont pu faire remonter leur réserves d’eau et pour le jardin qui du coup pousse à vu d’œil…

Nous avons aussi profité de la leçon de la case écroulé pour modifier les constructions en terre et éviter d’autres mauvaises surprises…

 Le lendemain, tout le monde était sur le pont, nous avons tout sorti et le soir tout était déjà sec et rangé !

Le seul souvenir de ces trois jours, c’est la case écroulée, mais pour le moment on attend que les briques sèches…

 Alors, force des esprits ou aléas climatiques a vous de choisir…

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Une journée d’exception !

 

Quand Jean Pierre était venu pour payer le terrain, il avait organisé avec Gaby un repas pour l’ensemble des personnes de la communauté rurale, l’équivalent chez nous des conseillers municipaux et pour les chefs de village. Ce repas avait été très sympathique et avait été un geste symbolique fort pour les gens du village puisque c’était la première fois que des toubabs faisait ça…

 Nous avions donc décidé de refaire un repas avec toute l’équipe pour fêter notre arrivée à Palmarin.

Il n’avait pas été facile de fixer une date mais finalement nous avions arrêté la date du 20 janvier. J’avais avec Valérie préparée une trentaine de jolies invitations et Birama le fils du chef était allé les distribuer.

Avec Gaby, j’avais commencé à préparer le repas, je voulais faire un méchoui, mais heureusement que Gaby était là car ce n’est vraiment pas le genre de repas qui leur fait plaisir. Le summum pour eux, c’est le « tiboudiac », un plat de riz avec des légumes et du mouton ou de la chèvre. Une fois le menu décidé, Gaby était allé au village pour trouver des grandes gamelles pour préparer le fameux tiboudiac…

Il est revenu assez vite et il avait l’air embêté… Il me dit que nous risquions un incident diplomatique… En fait, le chef du village de Ngallou avait déjà commencé à parler de cette invitation dans le village et il en avait parlé comme une fête pour tout le village, avec danses traditionnelles des femmes et cérémonie. Notre invitation sélective lui posait donc quelques soucis  !

Après quelques échanges avec Gaby, j’en arrivais vite à la conclusion que nous n’avions pas vraiment le choix…alors «  inch Alah » ! Nous ouvrons l’invitation à tout le village et nous verrons bien… J’ai seulement dit à Gaby que pour ce genre de fête, j’étais complètement dépassée et qu’en tant qu’africain il saurait sûrement mieux gérer que moi la situation avec l’appui des femmes du village surtout qu’il ne nous restait que quatre jours pour les préparatifs.

Jean Pierre qui s’inquiétait que nos invités arrivent avec toutes leurs femmes n’allait pas être déçu !

 J’ai informé toute l’équipe et finalement tout le monde a pris cela avec beaucoup de philosophie et d’amusement. Le tout était de savoir sur les six milles habitants combien allaient se déplacer ??? Surtout que s’il n’y avait pas assez à manger, cela pouvait être déshonorant pour le village ! 

Une chance pour nous le dimanche, il y avait le match d’ouverture de la coupe d’Afrique avec Sénégal, Egypte et les Sénégalais ne rigolent pas avec ces choses là… Dans tout le Sénégal, les horaires de classe ont été changés rien que pour le foot, c’est pas peu dire !

 En tout cas, je crois que je me suis rarement trouvée dans une situation où le lâcher prise face à l’inconnu était le plus de rigueur.

Il ne nous restait plus qu’à attendre le dimanche et à être disponible pour ce qui allait se vivre…

 Gaby avait fait les achats, pour la circonstance, il avait acheté un mouton, deux chèvres, soixante quinze kilos de riz, soixante kilos de légumes, vingt litres d’huiles et des boissons…

Heureusement nous étions tenu de prévoir bière et coca uniquement pour les invités dit de marques, en fait ceux qui avaient reçu l’invitation. Pour les autres, il y avait du bissap, la boisson locale.

 Le samedi soir, tous les ouvriers avaient rangé le chantier et notre sujet de discussion du soir était bien sûr : « Qu’est ce qui va se passer demain ? » nous avions appris par Maxim que des femmes avait traversé le village avec des tam- tam pour annoncer la fête…

 

Dimanche

 Il est sept heures trente, Gaby arrive avec sept femmes du village et les grandes marmites…

Elles prennent un café avec nous et font le tour du campement pour installer leur cuisine à l’abri du vent qui souffle fort ce matin. Elles s’installent près du château d’eau, Jean Pierre et François les aident à apporter le bois pour le feu.

Petit à petit tout le monde se lève et nous commençons à préparer la place ou les femmes pourrons danser. On ratisse le sable et nous posons des planches sur des parpaings pour former un cercle convivial autour d’un palmier. Comme il y a beaucoup de vents, nous bricolons un paravent de fortune…Nous sommes assez content de notre installation !

 A la cuisine, les femmes s’activent, avec les grandes marmites sur les feux de bois et leurs immenses louches, cela donnent un air d’Astérix ! Je leur demande si elles ont bien assez de nourritures pour tout le monde, elles sont confiantes, elles ont l’habitude de ce genre de fête. L’ambiance à la cuisine est très sympa.

 Il est onze heures les premiers enfants, toujours curieux arrivent et Romain et Yves organisent un tournoi de foot sur la plage, succès assuré !

Dans l’atelier un technicien s’active, nous aurons peut-être la retransmission du match sur écran géant pour le match de quinze heures trente « inch Allah »

 Gaby est content, le repas devrait être prêt pour midi, mais si notre petite place est très bien pour la danse, elle n’est pas adaptée pour le repas. Le repas chez les Africains se passe de façon de très simple mais très codifié. Il faut un endroit pour les invités d’honneurs et les anciens, un endroit pour les femmes, un endroit pour les jeunes hommes et enfin un autre lieu pour les enfants….

 Nos invités d’honneurs seront dans notre salle à manger sous le baobab, les femmes au château d’eau, mais il faut des nattes, branle bas de combat ! Tout le monde va dans sa tente chercher des nattes… pour les autres ils s’installeront où ils peuvent.

 Nous sommes enfin prêts, les voitures comment les navettes pour ceux qui sont le plus loin, environ dix kilomètres…. D’autres arrivent à pied et petit à petit les femmes s’installent sur les bancs pendant que les hommes font le tour du chantier !

 Tout se passe tranquillement ! Sauf dans les voitures où ils montent entassés à plus de dix avec les calebasses et les femmes qui chantent… ambiance garantie aux dires de Samuel qui est chauffeur !

 Avec Jean Pierre on essaye de ne pas faire d’impairs et on accueille les arrivants au fur et à mesure…mais de toutes façons chacun reconnaît son groupe et les choses se font naturellement.

 Les femmes apportent les premiers plats aux invités d’honneurs, elles servent le riz sur un grand plat et disposent au milieu quelques morceaux de viande et de légumes, ensuite chacun s’assoie par terre autour d’un plat et ils mangent avec leur main ! Je dois dire que cela simplifie énormément l’intendance…

Ensuite, elles servent le groupe des femmes, puis les hommes et seulement à la fin les enfants !

Les enfants ont l’habitude d’être servit les derniers, s’est sans doute pour cela qu’ils se jettent sur la nourriture, des fois qu’il n’y en aurai pas pour tout le monde !

François qui était avec eux nous a raconté comment le plat à peine posé par terre ils se sont jetés dessus pour remplir leurs poches ou leur tee-shirt de riz !

 Les plats à peine finis, retournaient aux cuisines pour être à nouveau rempli pour un autre groupe !

Car d’autres personnes continuaient d’arriver…. Les femmes ont du servir cents, cent cinquante plats… je ne sais pas vraiment, mais il y a eu au moins cinq cent personnes qui sont venus manger comme ça !

 A la fin du repas, le chef du village nous appelle et il nous explique que les vielles femmes des quatre villages de Palmarin se sont déplacées pour faire la cérémonie traditionnelle. Elles vont faire la cérémonie devant toutes les personnes présentes et c’est une façon de dire que nous faisons maintenant pleinement partie du village. Gaby nous explique que s’est un grand honneur et une grande chance pour nous, car les vielles femmes de plus de soixante dix ans qui sont ici détiennent des pouvoirs et à travers cette cérémonie elles vont les mettre à notre service pour notre réussite et notre protection. Je reconnais parmi elle celle qui nous avait emmenée sur l’île sacrée de Balfagnie… Nous sommes en pleine magie africaine !

  Les vieilles femmes sont dans le cercle entouré des plus jeunes qui sont assises sur les bancs, derrière sont assis les notables et les hommes. Les vieilles femmes sont à quatre pattes serrées les unes contre les autres, elles chantent des prières au son des calebasses et frappent la terre avec leurs mains, par moment elles recouvrent une des femmes d’un tissu. C’est impressionnant même si nous ne saisissons pas toute la symbolique de leurs gestes.

 Après la cérémonie, s’est le moment des discours, le chef du village commence, puis Jean Pierre et moi nous disons un petit mot, puis Gaby et enfin les deux principaux responsables politiques, le tout en français et traduit en Sérère… tout le monde écoute avec beaucoup d’attention et râle quand les enfants font trop de bruit… nous sommes aux pays des palabres…

 Maintenant place à la danse… les hommes s’esquivent pour aller voir le match de foot car notre retransmission ne marche pas !

Les danses Sérères se passent de la façon suivante : les femmes sont assises en cercle, certaines ont des calebasses ou des bidons pour marquer le rythme et elles chantent en frappant des mains… et par moment une femme se lève, elle danse trente secondes puis retourne s’asseoir… au début on ne comprend pas très bien puis au bout d’un moment on commence à saisir le code de leur danses, elles se lancent des défis de danse en jetant leur foulard à une autre femme soit d’une même tranche d’age soit d’une autre génération. Parfois elles dansent à plusieurs. Le style de danse est toujours le même, il n’y a pas de chorégraphie, c’est plutôt une question de rythme et d’intensité…

 Bien évidemment nous sommes sollicités, je me lance à l’eau avec beaucoup moins de bonheur que Sophie qui très vite rentre dans la danse !

Jean Pierre à beaucoup de succès quand il entre dans la danse, les femmes rient beaucoup surtout lorsqu’il danse un Rock avec Sophie au son des calebasses !

 Les liens se tissent plus simplement entre blanc et noir et en fin d’après midi Sophie se lance dans la danse balinaise, les femmes la regardent très surprises de ces gestes très sophistiqués…et finalement elle sort le grand jeu et va se mettre en habit de danseuse. Sitapha se charge de la traduction et explique que Sophie se prépare …

Quand Sophie arrive en Balinaise toute dorée, c’est un véritable choc culturel !

Ce n’est pas seulement la mer qui sépare ses deux continents, l’Afrique c’est la terre brute, presque sauvage, l’Asie est plus évaporée, plus sophistiquée et raffinée…

En tout cas l’image de Sophie en Balinaise entourée des femmes en boubou, c’était vraiment une image magique !

Je crois que les Sénégalaises s’en souviendront longtemps, en tout cas, elles étaient conquises…

La journée se termine, progressivement les voitures ramènent nos invités en commençant bien sûr par les vieilles femmes. Comme le Land Rover est très haut Romain en chevalier servant les portent et elle trouvent cela vraiment très très drôle. Quand aux plus jeunes ils en profitent pour grimper sur le toit, les 4X4 sont transformés en véritables taxis brousses…

 Le terrain se vide petit à petit et nous nous retrouvons entre toubab et avec Gaby pour commenter cette journée incroyable et vraiment riche, nous sommes tous très heureux d’avoir pu vivre ces moments d’exceptions.

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Et le Chantier ?

 

Bonjour,

Alors, je vous ai parlé, de la cérémonie, de la fête… vous devez vous demander si nous sommes vraiment sur un chantier…

Et pourtant… ça pousse comme des champignons… il est vrai que depuis quelque temps nous avons un ouvrier de choix, il s’appelle Hercule, c’est lui qui fait tout le transit des briques, sable, coquillages et autres matériaux en tout genres… et en plus il ne réclame que quelques poignées de mil et un peu de fourrage d’arachide !

Ne chercher plus, il s’agit de notre petit âne de chantier ! Et oui, ici il n’y a pas d’engin.

 Le chantier avance vraiment très bien, on s’en rend compte surtout quand des amis nous ramènent des photos du chantier prise un mois plus tôt où il n’y avait pas encore de toits à nos bâtiments…

 Et puis, au fur et à mesure de l’avancement, nous retrouvons un peu plus de confort, c’est à la fois un grand progrès, même modeste, un vrai WC, une douche, de l’eau courante, de l’électricité ( avec batterie)… mais aussi une autre époque !

Nous ne sommes plus les pionniers qui arrivaient avec quelques outils sur un terrain vierge… Nous ne sommes pas encore les touristes qui profiteront de ce lieu magique…

Disons que nous sommes un groupe hétéroclite qui vit sur un chantier…

 Nous avons quitté avec une certaine nostalgie, notre cuisine de plein air sous le Baobab, pour emménager à l’abri du château d’eau. Le baobab, verra bientôt une drôle de construction se monter à l’abri de ses branches !

Le château d’eau est devenu un beau bâtiment qui abrite notre cuisine provisoire et cinq futures chambres. Le bardage en bois s’harmonise bien avec les couleurs de l’environnement et l’étage qui abrite la réserve d’eau est devenu le perchoir privilégié pour la sieste dans les hamacs et pour admirer le paysage.

Nous avons aussi quitter le sauna (grande tente Mauritanienne) qui nous servait de bureau, pour emménager dans la future cuisine, le carrelage y est terminé et si il manque les portes et les fenêtres, cela nous permet de profiter d’un courrant d’air ma fois bien agréable. Donc la cuisine attend ses portes et ses fenêtres ainsi que son matériel pour fonctionner. 

Les grandes cases en terre attendent avec impatience leur charpente… le bois était bloqué, car les sénégalais en charge de la préparation de la livraison étaient perdus dans les dimensions spécifiques souhaitées par Jean le menuisier. Un voyage à Dakar a permis de remettre tout sur rail et nous espérons rappeler nos grand-pères pailleurs dans une petite semaine.

Et oui, nous avons embauché les anciens du village, chef compris pour assurer le paillage des toits, au début c’était folklo, mais au fur et à mesure les choses se sont bien mise en place !

Dans ces cases, Samuel fait l’apprentissage de « sculpteur béton ». Car dans la salle de bain, je mélange, la culture balinaise, africaine et marocaine pour un résultat qui je l’espère séduira nos hôtes… Pas d’explications possibles, à voir sur place !

Dans la lagune, il pousse de drôle de choses… on pourrait même se demander si il n’y a pas une secte qui est venue pour faire des rituels bizarres…

En fait c’est tout simplement les piquets de support des futurs cases sur pilotis qui formes un cercle insolite !

La plate forme du restaurant attendait elle aussi le bois pour commencer à sortir de terre. Actuellement elle est entourée de galette de terre qui seront prochainement les colonnes de support du toit, colonnes en terre traditionnelles sculptées qu’on peut voir en Casamance. Cela sera le travail de Sophie.

 

Infos du jour !

Romain, ne sort pas encore la tête des tranchés, mais cela ne saurait tarder…

Yves assure à l’atelier, il n’a pas encore commencé à grimper aux arbres…

Maxim, c’est trouvé des talents d’électricien…

Jeannette est une accro de la compta…

Jean en passe de devenir un architecte de talent …

François vit plus au village qu’au campement…

Sam est d’humeur boudeuse…

Jean Pierre s’est mis au courses, incroyable mais vrai…

Maël se bat contre les vaches qui mangent la paille du toit…

Sophie est hôtesse d’accueil, elle fait visiter le campement à Paul en visite ici pour la semaine…

Des visiteurs surprise ! Un copain de Romain et des Evrunais qui en vacance au Sénégal…

Et Sylvie, le griot toubab de service au clavier…

 

Voilà le chantier !!!

A plus…

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La Venue du Ministre...

 

Aujourd’hui, mardi nous apprenons que le ministre du tourisme passe dans la zone pour voir l’état des lieux du tourisme. Vite nous appelons Gaby pour qu’il passe voir le préfet, pour lui demander si il ne pouvait pas faire passer le cortège par Niassam. « Tonton » (le préfet) a dit Gaby, il faut que tu me rendes un service !  Pas de problèmes….

De toute façon, nous étions déjà prévu au programme !

Gaby, connaissant bien le protocole, fait préparer des petits gâteaux et des boissons que Jean Pierre va chercher à 7 heures tapante le matin. Monsieur le Ministre est attendu en fin de matinée au Pélican, l’hôtel où travail encore pour trois mois Gaby. Il est convenu qu’il nous appelle quand il démarre, histoire qu’on se prépare un peu.

Mais bon pas de panique, les derniers ministres annoncés ne sont pas venus... Le chantier se poursuit normalement, sauf que les blagues du jour ont goût de Ministre.

Enfin presque normalement puisque Ahmed et Ahmed, les ouvriers marocains qui font le tadlack sont en grève, ils n’ont pas été payé et leur patron ne veut rien entendre, en plus ils ont le spleen après un mois loin de leur famille. Depuis deux jour ils font la tête et ils ne bossent pas. Jean Pierre fini par les dérider pour mieux comprendre leurs problèmes, il appelle José le patron et lui demande de venir pour régler la situation illico. Nous l’attendons, comme le ministre…

Vers 10 H 30, le président de la communauté rural, arrive avec deux collègues, le préfet leur à donné rendez-vous à 10 heures au croisement de Niassam, ils attendent une confirmation par téléphone. En attendant nous faisons la causette, on commence à y croire.

Une voiture arrive avec un motard…. Mais non, ce sont des Dakairois en vacances, un architecte… nous leur faisons faire le tour, ils adorent… Ils prennent date pour le 23 octobre pour fêter un anniversaire. Des premiers clients sérieux, Inch Allah ! La visite nous occupe un moment et nous en oublions le ministre…

C’est l’heure de manger, Jean Pierre raccompagne le président de la communauté rural, ils avaient prévu quelque chose.

De notre coté, nous nous risquons à la sieste, de toutes les façons, ils mangeront bien quelque part, cela nous laisse du temps !

Voilà une voiture ! et non, c’est José ! Règlement de compte à la marocaine… on ne comprend pas sauf, qu’il est évident que ça chauffe… Je laisse Jean Pierre régler le problème, il organise la médiation et heureusement tout est bien qui fini bien, c’est l’accolade… demain, ils reprennent le travail, mais il semble qu’une fois le chantier fini, ils repartent au Maroc.

Il est quatre heures, toujours personne, les blagues et les remarques vont bon train… ça occupe, en plus du chantier, ce n’est pas tout les jours que l’on attend le ministre.

Au bout d’un moment, on va au nouvelles, toujours personne au Pélican, le président de la communauté rurale, nous annonce qu’il a beaucoup de retard et qu’il ne viendra pas !

Bon, c’est la débauche, la piscine est fini de coulée, tout le monde rentre et nous nous commençons à déguster les gâteaux du ministre, au moins on n’aura pas tout perdu !

Même Jessy, a eu le droit de goûter aux gâteau du ministre.

Finalement on décide de partir à la plage pour la baignade….

Je monte dans la voiture et qu’est ce que je vois ! Plein de voitures qui débarquent, panique à bord, je ne suis pas habillée, je file me changer, Jean Pierre ajuste son gilet de baroudeur, et va accueillir la troupe.

C’est impressionnant, il y a quinze gros quatre quatre, d’où débarque des Messieurs endimanchés, j’arrive et je suis soulagée de voir que Gaby est avec eux, nous saluons le ministre et la compagnie…

Et voilà que fuse les questions du ministre sur nos démarches pour régulariser notre situation, nos dossiers sont en cours, mais il nous prend de cours avec un ton pète sec ! Les cinq premières minutes sont difficiles et j’ai l’impression qu’il va nous faire démolir notre paillote sur la plage.

Finalement, il repart sur les emplois créé, sur les investissements, il semble plus satisfait, Gaby parle de son projet du club des cuisiniers du Sénégal, l’interrogatoire reprend : vous avez vu qui… Gaby annonce qu’il doit rencontrer le président de l’école hôtelière.  «  il est là » présentation rapide… Le ton est sec…

La visite commence, les habitués partent au pas de course, je me retrouve en queue de peloton.

Le ministre mène la danse, les têtes commencent a se lever, chacun s’exclame sur l’originalité des cabanes dans les arbres ! Ouf !

Le ministre rentre dans une chambre du château d’eau, il est séduit par le tadlack, mais quand Jean Pierre lui annonce que c’est Marocain, il est furieux, « il faut promouvoir les produits du Sénégal ! » Gaby rattrape la bévue en disant que tous les matériaux sont Sénégalais…

Ils ressortent, j’arrive à entraîner le ministre dans une salle de bain faite entre les racines du Baobab ! Il apprécie et commande au caméraman de venir filmer !

Il enchaîne sur le restaurant, Gaby le suis de prêt et fait les commentaires … les journalistes nous posent pleins de questions, et nous suivons toujours le cortège qui part dans le tann…Le responsable de la communication du ministre m’accoste, j’ai enfin l’impression de pouvoir parler de notre projet plus librement et à une personne qui pourra peut-être en faire quelque chose dans le temps…

Le cortège ralenti, visite d’une autre cabane dans les Baobabs…elles sont solides, ils sont montés à 30….

Il semble que le ministre apprécie, finalement ça fait une demi-heure qu’ils sont là !

Les tatis font la pub à droite à gauche… non non, pas de boite de nuit, mais une bibliothèque, ils ont une approche plutôt culturelle…

Gaby est toujours au basque du ministre, Jean Pierre et moi, nous répondons aux questions, puis le cortège se dirige vers les voitures et en deux minutes tout le monde est partis… sans même goûter aux petits gâteaux !

 Ouf ! Quel vent de folie…

On se retrouve, tout excité, Gaby est aux anges, « alors là, vraiment, on a de la chance ! »  Pour lui la visite c’est très bien passé, surtout le fait qu’ils soient restés aussi longtemps, ils sont restés simplement cinq minutes au Pélican.

Tout le monde parlait d’originalité, et de site unique au Sénégal.

En tout cas une chose est sûr, c’est que tous les grattes papiers de l’administration présent étaient dans leurs petits souliers et que maintenant, nos dossiers devraient avancer très vite.

 Gaby, c’est bien fait remarquer et son projet de club des chefs cuisiniers, va être sûrement soutenu par le ministère.

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La Tabaski

Un dimanche bien calme !

Et oui aujourd’hui, tout est bien silencieux sur le terrain… pas de chantier… pas de jeunes…

Nous étions tous les quatre Jean Pierre Jean Jeannette et moi, l’occasion de passer un moment tranquille entre adultes…

Hier c’était la Tabaski, grande fête Musulmane, fête du mouton.

Bien sûr personne ne travaillait et les jeunes en ont profité pour monter à Dakar et passer un week-end sur l’île de Ngor, sauf Sam, Max et François qui ont préféré tenter l’expérience africaine d’une fête «  in live ». Ils sont donc allés fêter Tabaski chez des amis africains !

Tabaski, cela faisait un moment que nous en entendions parlé, sans vraiment savoir ce qu’y s’y passait et progressivement nous avons reconstitué le puzzle…

D’abord, partout ou nous allions dans les villes et les villages, il y avait des attroupements autour des marchés improvisés de moutons que ce soit à Dakar ou à Mbour, les moutons étaient vendus sur les trottoirs…

Puis nous avons eu des demandes d’avance de salaire pour l’achat du bélier !

Et oui chaque chef de famille musulman doit sacrifier un mouton et un bélier de préférence et ça coûte dans le meilleur des cas 30 000 FCFA, ce qui n’est pas rien, entre une à deux semaines de travail pour les ouvriers qui travaillent ici et qui sont payés déjà deux fois plus chère qu’ailleurs.

Et puis, il y avait aussi les histoires de  chaussures et de boubous des enfants qui devaient être neuf pour l’occasion !!!

Car Tabaski, c’est sensé être une fête religieuse, mais comme nos fêtes à nous, il y a un détournement pas vraiment commercial, c’est difficile en Afrique, mais un détournement malgré tout un peu matérialiste et bonne bouffe !

J’ai donc profité, d’une visite de Gaby notre associé Sénégalais pour me faire éclaircir la chose !

Gaby commence par me dire que cette fête est redoutée par les chefs de famille car elle coûte très chère et qu’il y a quand même une certaine pression sociale autour.

Un chef de famille qui ne peut offrir le mouton se retrouve honteux et les enfants qui ne peuvent pas parader à la prière dans des boubous et des chaussures neuves sont quand même assez vexés.

Pas très catholique tout ça…ou plutôt pas très Musulman…

Bref je me fais expliquer aussi la dimension religieuse….

La fête de la Tabaski, c’est avant tout une fête du pardon, l’occasion de renouer des liens avec les personnes qui se sont fâchées et avec qui ont a eu des problèmes… C’est le pardon aussi dans les familles !

Et puis c’est aussi la fête du partage, le mouton qui est sacrifié après la prière du matin, n’est pas mangé en totalité dans la famille, il est distribué aux amis, aux voisins et aux personnes les plus démunies…

Et c’est aussi la fête des enfants à qui les parents se doivent de faire plaisir pour l’occasion, se qui justifie les chaussures et les boubous neuf…

Mais toutes ces bonnes intentions n’ont pas empêché Jeannette de tempêter contre cette fête, elle trouvait vraiment dommage que toutes les économies des ouvriers du chantier partent en fumée pour l’occasion. Ils ont tous soldé leur compte…

Et oui les familles sont grandes et celui qui travaille, travail pour tout le monde.

Nous avions plusieurs invitations pour l’occasion, nous avons choisi d’aller chez Gaby en faisant au préalable une visite de courtoisie chez le chef du village.

A la fête de la Tabaski, on n’arrive jamais les mains vides, j’avais donc choisi comme cadeau pour la famille du chef un sac de cinquante kilos d’oignons…

Je n’avais pas oublié qu’un jour le chef m’avait dit : Je suis peut-être chef, mais je ne suis pas riche !

Ils ne sont pas pauvres non plus mais ils manquent de liquidité, et comme ils ne sont pas cultivateurs les oignons ils les achètent et c’est avec le riz et le mil la base de la nourriture.

Nous sommes arrivés dans la cour au moment où ils égorgeaient deux moutons, puisqu’il y a deux chefs de famille dans la concession. Il y avait tous les hommes et les enfants affairés autour des sacrifiés, les femmes interviennent plus tard pour les cuisiner.

François était là avec ses copains, il a été adopté par la famille du chef et passe plus de temps la bas qu’au campement. Il dort et mange au village la plus part du temps. Pour la Tabaski, il s’est acheté des chaussures neuves et un boubou dans lequel il avait fière allure pour aller à la prière avec les hommes de la famille !

En Toubabs pressés, nous ne sommes pas restés pour déguster le foi grillé, morceaux de choix pour les invités, nous avons repris la route pour aller chez Gaby. Sur la route il n’y avait pas grand monde sauf les enfants avec des bassines dans lesquels ils nettoyaient les tripes, il y en avait à chaque coin de rue…

 A notre arrivée chez Gaby, les femmes s’affairaient à la cuisine ou elles coupaient le bélier.

Jean et Jeannette qui poursuivaient leur route pour allés voir des amis n’ont pas pu partir cette fois sans goûter au foie grillé !

Nous sommes restés Jean Pierre et moi chez Gaby où le temps s’écoulait tranquillement en discussions, les petits enfants jouaient dans la cour, les voisins allaient et venaient,  les jeunes passaient avec des plats de mouton cru qu’ils allaient distribuer autour de la maison …

A un moment, la mère de Gaby, est venue nous rejoindre, elle est restée debout et s’est adressée en Wolof à Gaby. Nous assistions silencieux à la scène, sans vraiment comprendre ce qui se passait, mais Gaby était très ému… puis elle est partie comme elle était venue en silence pour se rassoir sur sa natte à l’ombre de la terrasse…

Nous avons interrogé Gaby qui a eu besoin d’un moment pour se remettre de ses émotions. En fait c’est aussi dans la tradition de la Tabaski que la mère aille voir son fils aîné pour lui faire son éloge si elle est satisfaite de lui… Moment d’émotion intense entre la vielle mère et son fils !

Puis d’autres amis sont arrivés et nous avons mangé quelques morceaux de mouton grillé, puis enfin vers trois heures, nous avons mangé le mouton cuisiné…

Et de nouveau, les jeunes ont circulé avec cette fois le mouton cuisiné…

En soirée nous sommes rentrés et Gaby nous a expliqué que le soir les femmes mettaient leurs plus belles tenues et elles allaient ainsi se rendre visite…

Jean et Jeannette ont pu s’en rendre compte sur la route du retour le soir, ils ont assisté à un véritable défilé…

De retour au campement nous avons pu constater que la famille du chef avait apprécié notre cadeau d’oignons, nous avions dans le frigo, un gigot et une épaule… Alors pour continuer la tradition, je l’ai cuisiné et demain, cela sera le repas des ouvriers et nous aurons ainsi continué le partage.

Voilà notre journée de Tabaski, parfois on se sent dedans, parfois on est un peu étranger, en décalage de religion et de coutume, mais dans tous les cas on se sent en Afrique et on y est bien !

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Une journée de vacance !

 

Depuis que nous sommes ici, nous n’avions encore jamais pris le temps de faire du tourisme dans le delta, c’est maintenant chose faite…

Jean et Jeannette avaient rencontré après la messe Bernard un jeune catholique sympa qui leur avait parlé de son frère qui avait une pirogue et qui pouvait nous emmener dans les îles. Dimanche dernier nous étions donc passé le voir pour discuter le prix. Il n’avait pas voulu baisser ce prix en nous expliquant que les jours ou il emmenait des touristes, il n’allait pas à la pêche et donc il ne voulait pas perdre de l’argent … Rien à dire à cet argument, nous nous mettons d’accord sur le prix et fixons notre rendez-vous pour le samedi suivant à neuf heures !

Ce samedi matin, nous préparons notre pique-nique, François a préparé ses cannes à pêche et nous avons prévu les grilles pour griller le poisson… En route !

Nous arrivons chez Bernard, il n’est pas pressé de partir, il veut nous présenter son chantier de maison et son maçon, nous ne sommes pas très enthousiastes, les chantiers nous en avons notre dose… nous voulons aller directement à la pirogue…

Nous arrivons à la plage, pas de pirogue, un peu gêné, Bernard nous explique qu’ils sont partis à la pêche et qu’ils seront là vers dix heures !

Bon comme d’habitude avec les Africains, on commence donc par attendre. Un peu plus loin sur la plage il y a des pêcheurs qui tirent le filet sur la plage, nous allons les regarder. Comme dit Jeannette, c’est une véritable scène de Thalassa ! Les enfants écartent les algues pour dénicher les quelques poissons oubliés par les pêcheurs, les femmes trient le poisson et rigolent entre elles, les pêcheurs minces mais aux muscles saillant tirent le filet pour le préparer pour le prochain voyage… Il y a une ambiance travailleuse mais bonne enfant, à l’Africaine…

Nous revenons à notre lieu de rendez-vous, Bernard, avec les jumelles de Jean scrute l’horizon, toujours pas de pirogue en vue, il est presque onze heures !

Enfin la pirogue arrive, le pêcheur arrive en rigolant, j’ai été un peu loin dit-il tout simplement !

Nous embarquons tout notre barda et nous nous installons dans la pirogue avec quelques difficultés car c’est une vraie balançoire et avec les vagues, il faut s’accrocher, nous n’avons pas encore décollé et déjà nous avons les fesses trempées !

Enfin nous longeons la cote pour remonter jusqu’à la pointe de Djiffer, la lumière est magnifique et la mer très agréable. Nous annonçons au pêcheur que nous avons besoin d’appâts pour la pêche, pas de problèmes de toutes façons ils doivent aller à Djiffer vendre leur pêche.

Au bout d’un moment le moteur toussote, il manque de l’essence, heureusement nous avions apporté des réserves, 40 litres, je ne sais pas s’il avait prévu autre chose si nous n’avions pas apporté d’essence ! Bref, comme nous sommes en pleine mer, il accoste auprès d’une grande pirogue et commence le transvasement d’un bidon à l’autre, évidemment avec les vagues, ils en mettent un peu partout, mais de toutes les façons, il y en a assez dans le jerrican pour poursuivre le voyage. Nous en profitons aussi pour prendre quelques poissons pêchés par la grande pirogue, du Yaboye, c’est plein d’arrête mais il parait que cela fait un bon appât !

Arrivée à Djiffer, il est déjà plus de midi, on décide donc d’acheter du poisson pour ce midi, il est déjà un peu tard et en plus pour pêcher dans notre pirogue balançoire c’est impossible. Nous cherchons du Baracouda, un pêcheur nous emmène… sur un étale il y a d’énormes Bara coudas, je demande le plus petit et nous discutons le prix, François emporte notre prise pendant que je cherche des citrons, pour notre poisson, mais surtout pour notre punch quotidien et oui, nous sommes devenus accro du punch citron glacé…

Malheureusement, pas de citron au marché, sur le chemin du retour, je me fais accrocher par mon vendeur de Baracouda, il veut récupérer son poisson car le propriétaire du Baracouda n’est pas d’accord avec le prix qu’il nous l’a vendu ! Incroyable mais vrai et il n’y a rien à faire, il récupère le poisson… Nous refaisons donc un tour et finalement nous repartons avec de très beaux maquereaux.

Nous remontons dans la pirogue en direction de l’île aux oiseaux, mais le piroguier part dans la direction opposée, nous discutons et il nous assure que c’est lui qui a raison sur le chemin, je laisse tombé, ils n’en font qu’a leur tête, à nous de nous adapter. Donc au lieu de rentrer dans le delta nous longeons l’île de Sangomar à l’embouchure du fleuve. Je leur demande de nous y arrêter pour y faire notre pique-nique, mais là encore, cela ne devait pas être à leur goût ! Nous nous retrouvons sur une autre grande île de l’autre coté.

L’endroit est agréable et il y a un peu d’ombre, nous ramassons le bois pour le feu et nous profitons de l’eau claire pour prendre un bain.

Sophie et Romain reviennent d’une petite promenade avec des huîtres de palétuvier que nous ouvrons sur la braise, les maquereaux sont délicieux, même sans citron, un repas de Robinson en pleine nature, super !!!

Il est trois heures, les pêcheurs, s’impatiente, l’île aux oiseaux est encore loin et le vent va bientôt se lever. Nous reprenons donc notre périple, nous longeons toujours l’île de Sangomar, au loin on distingue une rangée de piquets dans la mer et au fur et à mesure que l’on se rapproche on voit les oiseaux perchés chacun sur un piquet, comme des sentinelles, il y a des cormorans, des pélicans, des aigles pêcheurs… C’est très beau !

Un peu plus loin, on aperçoit des taches couleur de sable dans la mer, ce sont des îles de sable, on se rapproche et là  encore il y a beaucoup d’oiseaux dont des pélicans énormes… L’image est très belle…

Mais nous ne sommes pas encore à la fameuse île des oiseaux, la mer commence à se creuser et Jean ne voit pas d’île à l’horizon, nous continuons un peu, mais la pirogue tangue dangereusement au milieu des vagues de plus en plus grosse…

Nous décidons de faire demi-tour, surtout qu’il n’y a pas moyen de savoir si c’est encore loin ou pas !

Nous sommes maintenant face au vent et nous commençons à prendre des paquets de mer dans la figure, nous sommes vite trempés et enroulés dans nos serviettes le visage dégoulinant, nous avons l’air de naufragés que la pirogue aurait juste recueilli…

Heureusement tout le monde prend la situation avec humour, surtout Jeannette qui a un fou rire à chaque grosse vague. Jean, l’esprit toujours pratique a déniché au fond de la pirogue une planche et il se cache derrière pour éviter l’assaut des vagues, il n’en est pas moins trempé comme nous tous !

Nous ne sommes pas encore arrivés, surtout qu’il y a une nouvelle panne d’essence, cette fois nous nous arrêtons sur l’île de Sangomar dans une petite crique où il y a plein de pélicans et de jolis oiseaux aux becs oranges. Comme il nous reste encore une bonne heure avant de retrouver notre point de départ, nous décidons de quitter le navire à Djiffer et de finir notre périple en taxi brousse.

Nous débarquons, trempé mais de bonne humeur, je rediscute le prix du voyage avec notre piroguier, pas facile, je lui déduis l’essence comme convenu et je baisse le prix légèrement car la journée a été courte vu qu’il a fait sa journée de pêche avant, lui n’ai pas d’accord évidemment, je ne lâche pas et pour finir nous partons en quête d’un taxi ! Nous en trouvons un sans problème et nous nous entassons à huit dans la petite voiture au moins ça réchauffe d’être aussi serré !

Et voilà comment, notre virée en pirogue s’est transformée en véritable aventure… Nous en rigolions encore le lendemain au petit déjeuner !

 

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