"L'Aventure du Lodge"

Moi, Matthieu, arrivée à Niassam début janvier en tant que stagiaire, je ne fais que prendre l’aventure en cours. Cette aventure, Jean-Pierre et Sylvie, leurs trois enfants, Marie, Sophie et François, mais aussi tout le personnel de l’hôtel, m’en ont déjà tous parlé pendant des heures. Chacun perçoit l’histoire du Lodge avec son propre regard : elle est surprenante, un peu dingue pour certains, émouvante et instructive pour d’autres, unique et authentique pour tous !

Voici donc tout ce que j'ai pu voir, entendre ou comprendre sur l'aventure qu'est le Lodge de Niassam:

Vivre une  nouvelle vie
 Niassam, le choix du destin

 Le chantier, leur Lodge Story
 Le Lodge des Collines de Niassam 
 Le Lodge, demain

Vivre une nouvelle vie

Tout plaquer pour repartir à zéro à l’autre bout du monde, s’offrir une nouvelle vie à reconstruire loin de la France, ce pays sans surprise où réglementation et normalisation s’acharnent à détruire notre art de vivre. Ce projet fou mais tellement attirant trottait dans la tête de Jean-Pierre et Sylvie depuis déjà longtemps.

Chaque année en décembre, ils partaient un mois avec Marie, Sophie et François leurs trois enfants à la découverte d’un pays, d’une culture, d’un ailleurs. Les hôtels n’étaient jamais réservés, ni le parcours organisé, orientations, décisions, en temps réel dans des pays inconnus. Tout ce qui pouvait arriver était le voyage et les plongeait dans la vie du pays, transports, hôtels de toutes catégories, lieux qu’ils traversaient, rencontres… peu de luxe, peu de vielles pierres, plutôt les pistes et chemins que les autoroutes du tourisme de masse, plutôt les taxis-brousse que les <> autocars climatisés.

 « Trouver un petit bout de paradis sur terre »

Ils connaissaient donc la recette de la vie à laquelle ils aspiraient. Il restait à trouver le courage de franchir le pas un bonne fois pour toute, de laisser derrière eux ce bout de vie « à la française » qui leur avait pourtant bien réussi.

Tout en effet les invitait à ne pas dévier de leur chemin. « Energie Système », la petite PME vendéenne fondée en 1983 par Jean-Pierre, était devenue une référence nationale en matière d’économie d’énergies réalisées par des systèmes à base de micros ordinateurs. L’entreprise embauchait 80 personnes et tendait encore à se développer. Quant à Sylvie, riche de nombreuses formations en management et en coaching, elle le secondait sur le plan du management et de la communication. Leur grande et belle maison dans la vallée de la Sèvre, au nord de la Vendée, réunissait régulièrement de nombreux amis.

Leurs multiples voyages leur avaient appris que le monde était grand et qu’il y avait de la place ailleurs. Ils étaient décidés à aller construire autre chose à l’étranger. Il fallait maintenant dénicher la terre d’accueil idéale. Leur cahier des charges était à la fois simple, car on ne peut plus réduit, et empreint d’utopie : il s’agissait de trouver un petit bout de paradis sur terre.
 

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Niassam, le choix du destin 

Longtemps seconde de Jean-Pierre, Sylvie prenait cette fois-ci les rênes de l’aventure. Les rôles s’inversaient. L’occasion pour Jean-Pierre de s’asseoir sur le confortable fauteuil de second, et pour Sylvie, de s’emparer de la baguette de chef d’orchestre.

La recherche s’orientait premièrement vers l’Afrique et le Sénégal où ils devaient retrouver Gaby, leur ami africain rencontré 7 ans plus tôt lors d’un voyage en Casamance et qui était venu séjourner un été chez eux.

Gaby avait pour projet de se mettre à son compte et de créer son petit campement avec restaurant. Alors pourquoi pas se lancer dans l’aventure à trois ?

Un soir après la visite de la pointe de Djiffer en rentrant sur la piste, Sylvie remarque derrière les lagunes une presqu’île avec des baobabs qui semblaient immenses et des collines, une petite piste y menait. Le début du crépuscule donnait une couleur chaude, les troncs lisses des grands baobabs reflétaient leur couleur rouge passé. Du haut de la colline, le paysage prenait toute son ampleur, avec la hauteur, la succession de lagunes, îles et arbres, lui donnait de la profondeur. Derrière eux, la savane tout aussi fascinante avec ses arbres variés entremêlés quelquefois : la terre africaine dans toute sa puissante simplicité. Ils étaient séduits.

Il fallait désormais soumettre un projet à la communauté rurale de Palmarin, le village le plus proche, pour commencer les démarches d’acquisition du terrain. Au Business center de N’Dangane en bons professionnels, ils concoctent un projet de rêve : un hôtel original d’éco-tourisme, un concept : rencontrer l’Afrique.

« Les méandres de la palabre africaine étaient pénibles »

Ce n’était pas fini pour autant. Des démarches restaient à faire auprès de diverses autorités et administrations. Gaby en appelait à la solidarité africaine et demandait à ses frères de ne pas lui faire capoter un projet qui était la chance de sa vie. Il passait par des phases d’enthousiasme et de profond découragement, les méandres de la palabre africaine étaient pénibles même pour un autochtone.

Le ciel se dégageait en fin d’été 2001, Gaby pressait Jean-Pierre et Sylvie de venir pour conclure. Une réunion était organisée sur le terrain avec le chef du village et l’occupant des lieux pour négocier le prix. Ils en proposent un, il était cher pour un coin de brousse sans aucun aménagement, correct pour un emplacement si exceptionnel. L’accord était conclu.

Les racines de leur nouvelle vie pousseraient donc en sol sénégalais…aux pieds des collines de Niassam.

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Le chantier, leur Lodge Story

 

Le terrain acquis, la première étape délicate était franchie. L’aventure pouvait démarrer concrètement.

Rien n’était arrêté, ni défini précisément, il y avait donc plus de place pour l’imprévu que pour la réalisation d’un projet. Jean-Pierre et Sylvie avaient quand même fixé la première règle de leur constitution : SE FAIRE PLAISIR.

Ce n’était pas seulement une orientation hédoniste, c’était pour eux l’affirmation qu’ils ne se laisseraient pas accaparer par les lois du business qu’ils connaissaient trop. Ils voulaient aussi mettre au placard le rationnel, le rentable, le sécuritaire, le confort, la prévoyance retraite…tout ce qui fait une vie bien réussie en France.

« Cap vers une terre inconnue »

De retour en France, il était temps de s’entourer. Le recrutement s’orientait vers de jeunes professionnels, davantage accessibles à l’aventure. L’équipe finale se révélait plus hétérogène que prévu : Sylvie, Jean Pierre, leur fils de 12 ans, un maître ébéniste de 62 ans, sa femme comptable, un maçon, compagnon du devoir de 24 ans, un jeune technicien de travaux public de 25 ans, une jeune sculpteur de 20 ans, formée sur le tas à Bali, un menuisier de 24 ans qui faisait des protos de bateaux, une jeune fille de 20 ans en crise existentielle, un mécanicien de 26 ans, et un jeune rappeur de 17 ans, déjà trop à l’étroit dans notre France bien policée. Cette Lodge Story s’annonçait des plus palpitantes. Avec toutefois moins de suspens que pour le jeu télévisé…le couple gagnant était connu d’avance.

Suffisamment armés, ils prenaient la route le 30 septembre 2001, laissant derrière eux le confort de leur grande maison ; cap vers une terre inconnue, hôte d’une faune sauvage, située à des kilomètres de l’électricité, de l’eau courante….à des années lumières de cette ancienne vie qu’ils quittaient pour de bon.

Il leur fallu un mois pour boucler leur Vendée-Dakar (lire « journal du Vendée-Dakar » écrit par François, 12 ans) goûtant au passage à l’histoire encore présente de l’Alhambra de Séville, à l’ivresse du premier pas africain aux portes de Ceuta, à l’authenticité des petits villages de l’Atlas et à la magie indicible du désert mauritanien.

Dés leur arrivée à Niassam, le 30 octobre 2001, il a fallu défricher, creuser un puit, des toilettes, planter les tentes, bricoler des cabanes, installer une cuisine et une salle à manger de plein air sous le grand baobab. Le premier puit, la première douche, le premier frigo à gaz, la première table…Cette période avait une allure pionnière, l’activité était soutenue, et chacune de ces avancées, signes d’amélioration de leur confort précaire,était hautement appréciée.  

«  La vie communautaire apportait son lot de découvertes »

Les relations avec les villageois étaient à construire. Tout le monde parlait à peu près la même langue…mais pas le même langage. Ce fossé culturel se remarquait encore davantage avec les ouvriers, davantage habitués à travailler aves les moyens du bord, souvent limités, qu’à employer notre outillage et nos techniques sophistiqués. De plus, ils doutaient du rendement d’un chantier dirigé par une femme. Le système de travail en vigueur à Palmarin était aux antipodes des schémas européens. Le management interculturel prenait toute son importance. Sylvie tournait sans cesse d’une équipe à l’autre pour juger de l’avancée du chantier et l’organiser en temps réel. Français et Sénégalais ne tardaient finalement pas à s’adapter à la culture de l’autre.

Les collines de coquillages se creusaient, les approvisionnements en bois arrivaient, les charpentes et les toits de paille protégeaient rapidement chacune des cases…le Lodge grandissait à pas de géants.

Parallèlement à l’avancée du chantier, la vie communautaire apportait son lot de découvertes. Sans médias ni divertissements, cette aventure africaine imposait à chacun un renvoi sur soi-même. Elle décuplait faiblesses et capacités. Certains ne la supportaient plus. Deux puis quatre équipiers quittaient donc le navire prématurément.

Par ailleurs, l’Afrique ouvrait grand les bras à ceux qui « se risquaient » à l’explorer. Ceux-là découvraient ainsi tour à tour le mystère des lieux sacrés, la magie des fêtes traditionnelles et la puissante authenticité de la faune et de la flore environnantes.

Le projet se concrétisait, le rêve s’encrait chaque jour un peu plus dans la réalité.

« Octobre, fin du chantier »

Fin juin, le gros œuvre avait été réalisé. Les jeunes français quittaient Niassam fiers d’avoir apporter leur pierre à cette superbe réalisation et par delà cette satisfaction « professionnelle », riches d’une expérience de vie unique et d’une ouverture d’esprit. Il ne restait alors qu’à soigner la finition. Les ouvriers africains, forts de leurs nouvelles compétences, s’en chargeaient avec talent. Le mobilier que Sylvie était partie acheter à Bali en Mai arrivait enfin et ajoutait sa touche asiatique au mélange africano-européen déjà en place.

Gaby prenait ses fonctions de chef cuisinier en octobre. La fin du chantier, ponctuée d’une fête mémorable, se confondait avec l’arrivée des premiers clients, en majorité des amis, invités à partager une part de cette nouvelle vie…et à tester les premiers pas d’hôteliers de chacun.

Il n’avait fallu que douze mois pour que le Lodge des Collines de Niassam ne sorte définitivement de terre. Douze mois d’une aventure unique et exceptionnelle. Douze mois d’une aventure qui en appelait une autre…

Lire aussi les « Petites histoires de Niassam », mails écrits par Sylvie et envoyés à ses amis durant le chantier.

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Le Lodge des Collines de Niassam

Voilà quatre mois aujourd’hui que le Lodge a ouvert ses portes. Et les réactions des premiers visiteurs convergent déjà : rien de semblable ailleurs…

Quatre types de cases parfaitement intégrées au milieu et ouvertes sur le paysage attendent patiemment de faire découvrir à ses hôtes de passage le Sénégal authentique. Spacieuses et confortables, des cases en terre d’inspiration africaine, stylisée et aux intérieurs doux et ronds, ont été creusées dans les collines de coquillage. Des cabanes se sont installées silencieusement entre les branches de grands baobabs. L’endroit idéal pour prendre le temps de s’évader, comme dans un rêve d’enfant. Des cabanes pour lire, pour écrire, pour être bien, pour aimer ou simplement pour goûter au plaisir de ne rien faire, contempler depuis les terrasses, le spectacle de la nature. Inspirées de l’architecture des greniers à mil, des cases en bois sur pilotis, reposent désormais aux pieds de la lagune offrant au regard un horizon sans limites.

Le mobilier balinais se marie parfaitement avec les matériaux empreintés à l’artisanat africain : paille, bois, argile et terre de termitière pour les colonnes du restaurant. Le métissage asiatique, africain et européen renforce le caractère d’une décoration stylisée et raffinée.   

« Une palette d’activités propices à une rencontre africaine »

Gaby, récemment promu président du club des chefs cuisiniers du Sénégal, s’attache à exploiter toutes les richesses des saveurs sénégalaises et propose des plats aux goûts nouveaux, dignes des meilleures tables de l’hexagone.

Parallèlement, une palette d’activités propices à une rencontre africaine est proposée : balades à cheval et en 4x4 au milieu de la brousse, excursions en pirogue dans la mangrove, sorties pêche dans l’océan ou encore soirées comptes et musiques traditionnelles. Tout est organisé de manière à ce que nos hôtes de passage VIVENT L’AFRIQUE, s’imprègnent de son histoire, de ses coutumes, de sa magie.

Jean-Pierre et Sylvie avaient pour ambition de se faire plaisir avant tout. Le budget prévu initialement a donc inévitablement explosé. Leur Lodge africain se distingue singulièrement à la fois des campements villageois qui fleurissent par centaines sur la côte sénégalaise et des grands complexes touristiques barricadés. Le Lodge des Collines de Niassam s’apparente davantage à une création, à une œuvre d’art. Un lieu magique pour les rêveurs, pour les esthètes, pour les contemplatifs, pour se construire des moments inoubliables d’authenticité.

« L’hôtel plus beau et le plus original du Sénégal », selon les professionnels du tourisme.
           

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Le Lodge de demain, l’aventure continue…

Jean-Pierre et Sylvie ont choisi de quitter la France pour oublier les contraintes de résultat. Ce n’est certainement pas pour retomber dans un système de rentabilité et de performances économiques. Leur ambition pour le Lodge n’est pas uniquement touristique.

Ici, à Niassam, nous vivons ailleurs, hors-cadre. Nous sommes persuadés que le Lodge représente donc un endroit idéal pour avancer dans l’inconnu. Des stages pratiques de mise en situation pourraient ainsi y être proposés. Des chefs d’entreprise, des futurs managers lassés par un conformisme occidental trop étouffant, viendraient se confronter à l’imprévu comme pour mieux s’armer contre l’incertitude.

Le Lodge pourrait également accueillir des personnalités philosophiques, artistiques, politiques ou sociologiques qui viendraient débattre avec ceux qui se déplaceraient pour les écouter, d’un thème précis en accord avec l’atmosphère dictée par l’endroit : création, management interculturel, confrontation des visions africaines et occidentales en matière de hiérarchie sociale, de magie, d’art…

Séminaires d’entreprises, manifestations culturelles, l’ambition paraît à la fois originale et démesurée. Mais pourquoi pas ?

A suivre…

 

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