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Le Lodge génère des activités pour son approvisionnement, pour ses activités « Découverte » et aussi pour ses transferts.

Nous avions là l’occasion de mettre en œuvre notre volonté de produire de la richesse directement profitable aux populations. La règle de l’échange est simple : ils doivent bien gagner leur vie et nous apporter un service de qualité.
Pratiquement nous veillons à ce que les prix pratiqués soient bien rémunérateurs sans être disproportionné. Première décision : maimounanous ne prenons aucune commission, toute la marge leur appartient.
Nous avons bien des satisfactions et des réussites dans ces collaborations, mais aussi des échecs dus à des incompréhensions et des chocs culturels. Notre vision de la libre entreprise comme facteur de développement n’est pas toujours compatible avec l’organisation sociale villageoise. Nous parlerons plutôt des réussites.

La boutique.
Nous avons créé une boutique située au sein du restaurant où l’on trouve des confitures, des savons, du sel, du beurre de karité, des vêtements, quelques sculptures et objets artisanaux, des vanneries… toutes ces productions sont faites par des gens du village. Les sacs et robes Me-Güri sont des créations d’Emmanuelle, la directrice des week-ends. Elle fait travailler deux couturiers. Marie, notre fille, a designé les produits, formé un responsable de la boutique qui gère les comptes et les approvisionnements ainsi que les commissions pour les serveurs qui font les ventes. Le Lodge ne prend pas de commission sur cette activité.

Les partenaires.
Nos prestataires taxis Assane et Abou doivent pouvoir entretenir et réparer leurs véhicules et aussi les amortir pour pouvoir les renouveler (grande innovation dans la gestion africaine).
iba poissonIba le fournisseur de poisson vient chaque matin en charrette livrer son poisson qu’il a acheté le matin même aux pêcheurs. Nous estimons que sa marge est de l’ordre de 30 %.
Maïmouna nous fournit les légumes et les fruits, et nous lui versons une commission de 25 % sur tous ses achats ainsi que les frais de livraison (le taxi qu’elle prend pour venir livrer au Lodge). Avec son fils, elle a réalisé son propre jardin et produit ses légumes. Elle voulait les vendre au prix producteur, mais nous lui achetons au prix du marché.

Les guides, Thomas, Pierre, Lamine, Paco, Diegan sont des habitants des villages qui connaissent tous les recoins de leur localité et bien sûr les coutumes et traditions. Nous nous occupons des réservations et de l’organisation, mais nous ne sommes pas rémunérés pour ce travail, que nous considérons comme un service pour notre clientèle.
Les savons des chambres sont fabriqués par Seynabou, une femme entrepreneur du village très dynamique.
Un seul vendeur est accepté au Lodge. Il s’agit d’Hanjar, originaire du Niger, qui fait des bijoux touaregs de qualité. Il a bien failli perdre son droit, car sa famille l’a marié avec une deuxième femme qui n’a que treize ans. Ce fut l’objet de sérieuses discussions sur la condition de la femme et sur notre désaccord avec ces pratiques.

iba poissonDes prêts leur sont parfois accordés pour améliorer leur activité ou pour lancer la saison. Maïmouna a par exemple installé une pompe pour son jardin et maintenant elle en installe une deuxième. Ces prêts sont sans intérêts. Une sorte de micro-crédit informel et gratuit.
Nous les incitons à faire des économies et nous sommes leur caisse d’épargne, mais nous devons avouer que cette activité est très modeste.

Ces relations commerciales que nous voulons équitables offrent des ressources à une dizaine de personnes qui ont tous des familles à charge. Après la période d’apprentissage, ils ont bien compris nos besoins et nous apportent un réel service de qualité. Notre relation est donc pérenne et leur garantit ainsi des revenus sur du long terme.